Pour 2017, 14 établissements réalisant de la production de pépinières suivront leurs cultures dans le cadre du
BSV pépinière IDF. Les observations peuvent être réalisées sur 1 à 3 types de productions : pépinières de pleine terre, de conteneurs en extérieur et/ou conteneurs sous abris.
Vents forts et pluies ces derniers jours. Les températures commencent à monter en journées même si les nuits sont encore fraîches. Début des démarrages de végétation et floraisons notamment sur les variétés les plus précoces et sous abris. Malgré les températures froides de cet hiver, présence importante de ravageurs ayant passé le repos de végétation. A surveiller notamment ers
Ravageurs : les cochenilles sous abris sur de nombreuses cultures, le psylle sur Elaeagnus (surveiller les 1 vols de l'hyménoptère parasitoïde Tamarixia), acariens et otiorhynques sur cultures sensibles.
Maladies : Botrytis (bien aérer les abris)
Auxiliaires
Pleine terre
Hors sol
Quelques présences d'adultes de coccinelles.
Coléoptères phytophages
Chenilles phytophages
Pucerons
Pleine terre
Hors sol
Extérieur
Betula
Bambou, Photinia
Bambou, Osmanthus, Photinia
Pinus nigra Austriaca et Corsica
Description On peut rencontrer différents types d'acariens en pépinière mais la plus courante est Tetranychus. L'adulte mesure 0.5 à 0.6mm de long, il est jaunâtre avec deux tâches noires sur le dos. Il tisse des toiles. Sa forme hivernale est orange.
Symptômes / Dégâts Les acariens (larves, nymphes, adultes) vident les cellules épidermiques de leur contenu pour se nourrir. Ils s'attaquent aux organes tendres : bourgeons, feuilles, jeunes fruits. Les dégâts peuvent être observés dès le débourrement.
Les dommages occasionnés se manifestent de différentes façons selon l'espèce d'acarien en cause et la plante :
Avortement et dessèchement du bourgeon,
Aspect bronzé du feuillage atteint puis jaunissement, dessèchement et chute des feuilles ou aiguilles,
Ramollissement du feuillage,
Déformation des feuilles (enroulement, crispation, ) des fleurs et des fruits,
Réduction de croissance,
Présence de toiles en cas de forte attaque par Tetranychus urticae
Conditions favorables au développement Surveiller bien toutes les cultures sensibles, ce ravageur se développe très vite par fortes températures. Premières attaques sous abris dès les 1ères chaleurs au printemps.
Période la plus favorable extérieur et sous abris : période de fortes températures en été
Prophylaxie Pour éviter toute nouvelle contamination de vos jeunes cultures, ne placez pas des plantes sensibles sur les mêmes parcelles d'une année sur l'autre, faire un nettoyage minutieux des installations, par exemple au Karcher. En cours de culture, limiter autant que possible les montées de températures (>25°C) et les hygrométries faibles. Privilégier une hygrométrie >70% cela déplait aux acariens phytophages et plait aux prédateurs. Par temps sec mettre les asperseurs en marche au moins 1 à 2 fois/jour. Eliminer les plantes les plus atteintes car ce sont des foyers vecteurs pour les plantes non contaminées.
Lutte biologique
Apport d'acariens prédateurs (ex : Amblyseius californicus ou A. andersoni, Phytoseiulus persimilis) Favoriser les acariens prédateurs par nourrissage (pollen)
La présence de Chrysomèle a été détectée à l'état de larves et d'adultes sur lavandes sous abris. Si l'attaque est faible passer collecter les insectes et les éliminer des cultures.
Actuellement on observe la présence des nids, c'est aussi la période des processions. Thaumetopoea pityocampa accomplit son développement larvaire en automne-hiver sous nos latitudes. Son cycle est annuel. Les adultes, papillons nocturnes, émergent entre fin juin et mi-août. Leur durée de vie n'est que de quelques jours. Après l'accouplement, le mâle meurt et la femelle pond environ 200 œufs en un manchon de 5 cm autour des petits rameaux ou à la base des aiguilles de son hôte. Les œufs éclosent 30 à 45 j plus tard. Le développement larvaire comprend 5 stades, chacun caractérisé par des chenilles de couleurs et de tailles différentes. Globalement ces chenilles sont grises avec des poils roux pendant les jeunes stades larvaires puis gris par la suite. Les chenilles peuvent atteindre 5 cm. C'est d'abord un pré-nid construit autour de la ers ponte (2 1 stades larvaires). Puis, au début de l'hiver, à partir du stade L3, elles construisent un nid sur un rameau bien exposé au soleil, le nid va alors fonctionner comme un radiateur solaire. C'est également à partir ème du 3 stade larvaire que les chenilles possèdent des poils urticants libérables en cas d'agression. Entre janvier et mai ont lieu les processions de nymphoses ; les chenilles profitent des journées ensoleillées pour quitter leurs nids à la queue-leu-leu, descendre le long du tronc et chercher un terrain meuble et éclairé ou elles vont s'enfouir. Chaque chenille tisse son cocon pour former sa chrysalide. La nymphose peut durer quelques jours et parfois les chenilles entrent en diapause prolongée pouvant durer jusqu'à 5 ans. Symptômes /dégâts Ce ravageur pose surtout des problèmes de santé publique du fait de son pouvoir urticant ainsi que du point de vue esthétique. Les dégâts sur la végétation sont assez réduits sur des sujets adultes. Sur de jeunes sujets en revanche, s'ils se répètent d'une année à l'autre ils peuvent entraîner la mort de l'arbre. En production de pépinière les chenilles processionnaires engendrent une perte d'esthétique et rendent la plante infestée non vendable.
Conditions favorables au développement / période de présence Pour pondre, les femelles peuvent parcourir quelques kilomètres à la recherche d'un hôte. Elles préfèrent les pins noirs, puis le pin maritime, le pin sylvestre, le pin d'Alep, et en dernier lieu les cèdres ou d'autres conifères. Comme elles se dirigent vers les silhouettes d'arbres se découpant sur fond clair, les processionnaires se trouvent souvent en lisière ou sur des arbres isolés.
Lutte biologique ers Il faut réaliser au plus tôt la destruction mécanique des 1 nids observés. C'est le meilleur moyen de lutte avec la coupe des rameaux atteint à l'aide d'un échenilloir. Le port d'une combinaison intégrale
(lunettes, masques, pantalons et manches longues) s'avère indispensable pour limiter les risques d'urtication - pensez à enlever masque, gants et lunette après avoir rincé et enlevé la combinaison et travaillez en fonction du vent. La pose d'écopièges qui ceinturent les troncs, avant mi janvier, permet d'empêcher la migration des chenilles vers le sol. Les installations d'écopièges sont donc à faire au plus vite si la migration n'a pas encore eu lieu. Il est également possible de réaliser des captures par phéromones sexuelles avec l'installation de pièges dès la fin du mois de juin et jusqu'au milieu du mois d'août. Ces pièges à phéromones vont permettre de limiter considérablement la reproduction sexuée et de prévenir les futures attaques. pose de nichoirs à mésanges Enfin une lutte biologique à base de Bacillus thuringiensis (bactérie entomopathogène) est réalisable
Ce ravageur est en nette progression dans les entreprises. Ainsi des populations importantes ont été notées dans plusieurs entreprises sur Choisya, Euonymus japonicus, Nandina, Pittosporum, V. tinus. Qu'elles soient à bouclier, en bâtonnets, farineuses ou à virgule les cochenilles sont diverses mais engendrent toutes par leurs piqûres d'alimentation un affaiblissement des plantes. Elles libèrent également du miellat sur lequel de la fumagine va se développer, dépréciant fortement les végétaux à la vente.
Il existe un très grand dimorphisme sexuel : certains mâles peuvent être volants sur une phase de leur développement.
Prophylaxie Ne pas repositionner des cultures sensibles sur les mêmes parcelles d'une année sur l'autre. Si la parcelle a été occupée avec des plantes atteintes de cochenilles la saison précédente faire un nettoyage minutieux des installations, par exemple au Karcher. Vérifier que les jeunes plants reçus sont sains. En cours de saison, éliminer les plantes les plus atteintes ou lorsque l'attaque n'est pas trop forte, couper les branches atteintes. Faites identifier les cochenilles rencontrées, cela conditionne la lutte.
Lutte alternative
Si la cochenille qui pose soucis est Planococcus citri il est possible de limiter les populations avec une phéromone. La capsule de phéromone de Planococcus citri est à associer à un panneau jaune.
Auxiliaires contribuant la réduction des cochenilles : coccinelles et notamment la coccinelle à virgule, Brumus (Exochomus) quadripustulatus, la coccinelle noire à deux points Chilocorus renipustulatus et la coccinelle noire Cryptolaemus
Comme tous les hivers on peut observer la présence d'adultes et de jeunes larves de Cacopsylla fulguralis dans les Elaeagnus. Ces populations de larves peuvent être localement très importantes et très préjudiciables.
Ce ravageur mesure 2 à 2,5 mm au stade adulte. Il est translucide sur fond brun au niveau de ses ailes antérieures repliées en toit. La présence de jeunes stades larvaires se caractérise par des exsudats blancs filamenteux qui sont quelquefois difficiles à différencier de la pruine émise par la plante. Il faut surveiller ce ravageur tout particulièrement au milieu des lots de plantes resserrées pour l'hivernage. La détection de sa présence se fera par l'observation de miellat et de fumagine sur les branches au cœur des Elaeagnus x ebbingei à touche-touche.
Développement du psylle de l'Elaeagnus, pendant l'hiver, sur les plantes en rempotage d'automne ou en hivernage suite à une culture depuis le printemps. Grosse augmentation des psylles au printemps qui peuvent devenir difficile à contrôler même au cours de l'été en extérieur. Pontes quand T° > 25 30°C dispersées à la 1ère génération qui donnent des adultes puis une 2nde ponte massive (> 200 œufs/femelle). Environ 4 générations avant les chaleurs d'été Cycle : 10 j à 20°C / 1,5 mois à 40°C.
Prophylaxie / Lutte alternative
Privilégier les auxiliaires naturels : Tamarixia, anthocorides, syrphes et coccinelles sur toute l'année. Afin de limiter le développement du psylle sur Elaeagnus lors de l'hivernage des végétaux sous tunnel ou sous serre il est important de rentrer les Elaeagnus le plus tard possible et le moins longtemps possible. Le cas échéant, ne pas trop serrer les plantes afin que l'auxiliaire hyménoptère parasitoïde Tamarixia upis puisse se déplacer (déplacement sur les feuilles basses) et ainsi pondre dans les larves dès que les températures lui sont favorables. Présence de l'auxiliaire actif dès début mars.
Entre deux cultures dans un abri, procéder à un bon nettoyage (balayage + karcher) des bâches et structures afin de réduire les populations de psylles.
Des attaques de Psylles peuvent être observées sur Eucalyptus sous abris. Ils provoquent des taches liégeuses dues aux piqûres de l'épiderme des feuilles et un développement de fumagine.
Sur psylle de l'Eucalyptus, il existe un auxiliaire naturel présent dans le sud-ouest (endémique d'Australie).
Maladies système racinaire
Photinia
Hydrangea, Rosmarinus
Choisya ternata Gaurra, V tinus
Des attaques perdurent sur les vieilles feuilles non tombées et sont donc des foyers pour les jeunes feuilles qui commencent à se développer
Ce champignon se développe à partir de points où les feuilles de rosiers sont imbibées d'eau. On ne les remarque réellement que lorsqu'ils virent au noir avec une auréole très nettement définie. Lorsque les taches s'élargissent, le centre devient clair puis se nécrose, laissant apparaître un trou dans le limbe. Cette maladie peut entraîner une défoliation précoce en cas d'attaque importante mais cela reste très rare.
Un climat pluvieux (ou l'aspersion) et doux est favorable à l'anthracnose : développent optimale entre 15 et 27°C, dès que l'humidité est suffisante. Le froid, les fortes chaleurs et la sécheresse interrompent l'évolution de la maladie. Par ailleurs, la contamination se fait par dissémination des spores (vent). Celles-ci passent l'hiver sur les feuilles mortes, dans les interstices d'écorce ou entre les écailles des bourgeons, et germent dès que les conditions climatiques redeviennent favorables.
favoriser un séchage rapide du feuillage bien aérer les abris
Les conditions climatiques actuelles sont très favorables au développement de cette maladie notamment sur jeunes pousses et plantes serrées. Cette maladie, qui peut atteindre la plupart des plantes, se caractérise par le développement d'un duvet gris caractéristique sur les jeunes rameaux, feuilles, fruits, bourgeons et fleurs nécrosés. Elle entraîne le dépérissement des jeunes plants ; des taches et nécroses sur feuilles et jeunes pousses ; le dessèchement et la pourriture des fleurs et des fruits.
Conditions favorables au développement / période de présence Ce champignon se conserve sur les plantes, les débris végétaux ou sur le sol (mycélium ou sclérotes). Il pénètre dans la plante par les stomates, les plaies ou même par des cellules saines de végétaux jeunes et non lignifiés. Germination des conidies dans l'eau et développement optimal du mycélium entre 18 et 23°C. Les fructifications par très forte humidité permettent les contaminations secondaires.
Prophylaxie :
Eliminer les parties de culture atteinte, sur la plante et au sol ; les brûler
Eviter l'humidité stagnante ou les fortes hygrométries sous abris (arrosage par aspersion), couplées avec des températures entre 18 et 23°C
Aérer les abris dès que le temps le permet
Eviter les fertilisations trop azotées
Desserrer les plantes
Des plantes porteuses de Phytophthora depuis la saison précédentes continuent à dépérir et mourir. Les éliminer aux premiers symptômes.
Action pilotée par le Ministère chargé de l'agriculture, avec l'appui financier de l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto.
Observations : Chambre Interdépartementale d'Agriculture d'Ile de France, les horticulteurs et les pépiniéristes du réseau épidémio-surveillance d'Ile de France.
Rédaction : Chambre Interdépartementale d'Agriculture d'Ile de France : Isabelle CADIOU pour l'horticulture et Isabelle VANDERNOOT pour la pépinière.
Comité de relecture: DRIAAF SRAL, FREDON Ile de France
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