BULLETIN DE
SANTE DU VEGETAL
CORSE
Tuta absoluta : La pression continue à être forte sur tomates.
Aleurodes : Pression en augmentation sur solanacées et cucurbitacées.
Forte présence de chenilles de noctuelles sur toutes les cultures légumières.
Altises : Pression en augumentation sur aubergines.
ANIMATEUR FILIERE : FREDON CORSE
Rédacteur : Priscila Oliveira Martins.
Structures partenaires : CA2B, CANICO, Inter Bio Corse
Directeur de publication : Jean-François SAMMARCELLI Président de la Chambre d'Agriculture de Corse Route du Stade 20215 VESCOVATO
Tel : 04 95 32 84 40
Fax : 04 95 32 84 43 https:// corse.chambres-agriculture.fr
Action pilotée par le Ministère chargé de l'agriculture, avec l'appui financier de l'office Français de la Biodiversité, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan ECOPHYTO.
Le stade des parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement nous sommes au stade fructification à récolte.
Observation : La pression continue à être forte sur plusieurs parcelles sur toute la plaine orientale avec 25% des fruits touchés.
Evaluation du risque : Modéré à élevé.
Gestion du risque : La Tuta absoluta est un ravageur important de la tomate pour lequel une stratégie de protection solide doit être mise en œuvre. Différents moyens de protection biologique et de prophylaxie doivent être combinés en cours de saison :
la confusion sexuelle : elle empêche la reproduction de Tuta absoluta dans l'enceinte de la serre. Les diffuseurs doivent être renouvelés à temps et à dose pleine pour continuer à protéger la culture. Durée d'efficacité donnée = 100 à 120 jours au printemps et en été.
l'élimination des feuilles touchées sur le bas des plants et en éliminant les fruits tombés au sol et tous les débris végétaux qui peuvent permettre à ce ravageur de continuer son cycle de vie.
introduire ou favoriser le développement des Macrolophus sp. et des parasitoïdes Trichogramma achaeae.
l'application de produits de biocontrôle (cf lien pour la liste des produits de biocontrôle en fin de bulletin)
le piégeage massif des papillons en cas de vols importants (panneaux jaunes, lampes UV). Les zones de circulation d'air (allées, bordures) sont souvent les premières touchées : elles doivent constituer des zones de surveillance. Point de vigilance, les lampes UV attireraient également les Macrolophus sp.
Observation : Pression en augmentation avec présence de l'insecte en 30% des plants sur le secteur de Biguglia.
Evaluation du risque : Moyen à élevé.
Gestion du risque : Les aleurodes sont potentiellement vecteurs de plusieurs virus et elles causent des dégâts sur les plants de solanacées et sur les fruits colonisés par la fumagine qui se développe sur le miellat excrété. Plusieurs méthodes de lutte peuvent être utilisées :
Des pièges comme les panneaux englués ;
La lutte biologique avec des hyménoptères parasitoïdes (Encarsia formosa) et des punaises prédatrices (Macrolophus sp) ;
Contrôler les adventices que peuvent être hôtes de ces insectes ;
Faire un effeuillage quand une forte présence des larves est observée ;
Utilisation d'un asséchant en tête de plants pour contrôler les adultes ;
Utilisation de champignon entomopathogène (si le climat est suffisamment humide) ;
Photo 1 : Aleurodes sur feuilles de tomates (P. Oliveira
Raisonner l'application des produits chimiques qui Martins) par conséquence éliminent aussi les insectes auxiliaires.
Les auxiliaires de lutte contre les aleurodes : Des punaises mirides prédatrices ont été observées sur 15% des plants d'une parcelle de tomate sous abri. Elles sont présentes naturellement en plantations de tomates assurant un bon contrôle contre les aleurodes ainsi que contre les acariens, les mouches mineuses, les thrips et les pucerons.
Observation : Présence de chenilles avec dégâts sur feuille sur 55% d'une parcelle de tomate sur serre et 20% d'attaques sur fruits dans le bassin de production à Biguglia et présence des plusieurs insectes adultes sur une parcelle dans la région de Ghisonaccia.
Évaluation du risque : élevé.
Gestion du risque : Des méthodes prophylactiques peuvent être mises en place :
Les mirides participent au contrôle de ces chenilles en consommant leurs œufs ;
Surveiller les premiers vols grâce à un système de piégeage avec phéromones ;
Fermeture des abris le soir.
Eliminer mécaniquement les fruits et les débris végétaux.
Consulter également le lien vers la liste des produits de biocontrôle mis en fin de bulletin.
Observation : Environ 30 à 50% des fruits touchés pour cette maladie physiologique sur plusieurs variétés dans le bassin de production du grand Bastia. Certaines variétés plus sensibles que d'autres.
Evaluation du risque : Elevé. Fruits invendables.
Gestion du risque : La nécrose apicale se développe due à une carence en calcium que peut être occasionnée par le manque de ce nutriment dans le sol, par un défaut d'absorption ou par un transport insuffisant de cet
élément dans la plante. La nécrose se manifeste pendant les périodes climatiques chaudes et sèches. Pour limiter ces dégâts :
Assurer une fertilisation équilibrée (éviter les excès notamment en azote) et des apports en calcium optimaux et éviter les salinités excessives ;
Assurer une hygrométrie optimale dans les abris et limiter au maximum la transpiration des plantes
(blanchiment ou aspersion des toitures et augmentation de l'apport en eau la journée) ;
Application de talc (permet d'abaisser la T° de 3°C) ;
Contrôler la vigueur des plantes et assurer un équilibre entre le feuillage et la charge en fruits (assurant aussi une couverture minimum du fruit pour éviter les coups de soleil).
Observation : 20 à 50% du feuilles touchées dans des parcelles sous abri sur 2 parcelles observées dans la plaine orientale.
Evaluation du risque : Faible à moyen.
Gestion du risque : Liriomyza sp. creuse des galeries longiformes dans les feuilles de tomate qui peuvent être confondues avec celles de Tuta absoluta. Des piqûres nutritionnelles peuvent être observées sur le limbe supérieur et de fortes populations être préjudiciables à l'activité photosynthétique des plantes. C'est pour ces raisons que ce ravageur ne doit pas être négligé :
La lutte biologique avec des hyménoptères parasitoïdes (Diglyphus isaea, Dacnusa sibirica) et des punaises prédatrices (Macrolophus caliginosus) ;
Enlever et détruire les débris végétaux et les adventices hôtes à ce ravageur.
Le stade de nos parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement, nous sommes aux au stade fructification à récolte.
Observation : Des colonies de pucerons sur 25% d'une parcelle à Biguglia avec le développement de fumagine sur feuilles.
Evaluation du risque : Élevé.
Gestion du risque : Les dégâts sont causés par la transmission de virus, par le prélèvement de sève, des injections de toxines et par la sécrétion de miellat par les pucerons. Ce miellat permet la formation de la fumagine (moisissure souvent noirâtre que se développe sur les organes aériens des plantes) et attire les fourmis qui peuvent aussi causer des dégâts sur les fruits. Désherber la serre/tunnel et ses abords, éliminer les résidus de cultures précédentes. Il y a une grande quantité d'auxiliaires qui parasite les pucerons à tous les stades de développement (Aphidius sp. dont Aphidius colemani, Macrolophus sp., des cécidonies prédatrices et le champignon Verticillium lecanii) ; leur utilisation peut présenter une certaine efficacité. Attention, les excès de fertilisation azotée sont favorables au développement des pucerons sur les cultures.
Observation : Présence d'adultes sur quelques parcelles d'aubergines dans le grand Bastia et présence aussi d'auxiliaires.
Evaluation du risque : Modéré.
Gestion du risque : Cf les moyens de contrôle décrits dans la partie Tomates.
Observation : Forte attaque d'Epitrix, 30% du feuillage touché sur une parcelle à Propriano et 45% sur une parcelle sur la plaine orientale.
Evaluation du risque : Moyen à élevé.
Gestion du risque : On protège généralement les plants avec un filet anti-insectes. Les altises n'apprécient pas l'humidité, on peut donc également bassiner les cultures. Possibilité d'utiliser des produits de biocontrôle (Cf lien en fin de bulletin).
Observation : Pression en augmentation avec 20 à 25% du feuillage atteint sur 2 parcelles dans le grand Bastia.
Evaluation du risque : élevé.
Gestion du risque : Des mesures de prophylaxie peuvent être mises en place : soigner l'effeuillage, aérer les abris, appliquer des produits de biocontrôle ou encore utiliser la lutte biologique (auxiliaires : Feltiella acarisuga, Phytoseiulus persimilis). Réalisation de bassinage pour augmenter l'hygrométrie et nettoyer les plants.
Le stade de nos parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement, nous sommes aux au stade floraison/développement du tubercule.
Observation : 80% des plants atteints sur une parcelle à Ajaccio.
Evaluation du risque : élevé.
Gestion du risque : Choisir des variétés résistantes, réduire la densité, pratiquer la rotation culturale, en début d'infection arracher les plantes contaminées pour empêcher la dissémination des spores, éliminer les débris végétaux. Il existe également des produits de bio contrôle (Cf. lien en fin de bulletin).
Le stade des parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement nous sommes au stade fructification à récolte.
Observation : Attaque de pucerons sur la quasi-totalité d'une parcelle dans le bassin de production à Biguglia avec développent de la fumagine sur feuilles provoquant le flétrissement de quelques plantes.
Evaluation du risque : Élevé.
Gestion du risque : Cf les moyens de contrôle décrits dans la partie Aubergines.
Observation : Observée dans une parcelle sous serre à Biguglia et à un niveau d'attaque de 15%.
Evaluation du risque : Faible à moyen.
Gestion du risque : Cf les moyens de contrôle décrits dans la partie Tomates.
Observation : Présence d'adultes sur quelques parcelles d'aubergines dans le grand Bastia et présence aussi d'auxiliaires.
Evaluation du risque : Modéré.
Gestion du risque : Cf les moyens de contrôle décrits dans la partie Tomates.
Observation : Observation de présence de thrips sur quelques plants d'une parcelle dans la plaine orientale.
Évaluation du risque : Modéré. Les thrips sont vecteurs de plusieurs virus.
Gestion du risque : Des méthodes de protection peuvent être mises en place en amont. La détection des premiers individus grâce aux panneaux bleus ou jaunes englués posés au-dessus de la culture, permet de mieux gérer la lutte par la suite. Le désherbage de la serre et de ses abords pour éviter aux populations de s'installer dans l'environnement proche. La protection par des lâchers d'auxiliaires Amblyseius swirskii (efficace aussi sur aleurodes), Neoseiulus cucumeris et Macrolophus caliginosus.
Le stade de nos parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement, nous sommes au stade fructification à récolte.
Observation : Attaque sur 5% de l'ensemble des plants d'une parcelle à Ajaccio. Le virus provoque d'abord une crispation des feuilles vers l'intérieur du limbe puis les feuilles deviennent filiformes et la production de fruits est stoppée suite à la déformation des plants.
Evaluation du risque : Elevé.
Gestion du risque : Il n'existe actuellement aucune méthode de lutte curative qui permette de contrôler les infections virales en plein champ. Une plante infectée par le virus de la mosaïque de la pastèque (WMV) le restera donc toute sa vie. En tout début d'épidémie, il peut être utile d'éliminer les premières plantes infectées. La maîtrise du vecteur
(puceron) est également très importante pour limiter la propagation du virus.
Observation : Observation de la présence des thrips sur quelques plants d'une parcelle dans le grand Bastia.
Évaluation du risque : Modéré. Les thrips sont vecteurs de plusieurs virus.
Gestion du risque : Cf les moyens de contrôle décrits dans la partie Concombres.
Le stade de nos parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement, nous sommes au stade fructification à récolte.
Observation : Présence des taupins sur une parcelle dans le grand Bastia.
Évaluation du risque : Modéré.
Gestion du risque : La larve du taupin peut vivre plus de 4 ans dans les sols et les adultes hivernent dans le sol. Des méthodes de protection peuvent être mises en place en amont. Faire une rotation de cultures avec des crucifères car elles ne sont pas favorables au développement des taupins. Faire le chaulage du sol et éviter les gros apports de fumure organique. Le labour estival réduit la population larvaire. Piéger ces coléoptères avec des pièges à phéromones. Il existe également des produits de bio contrôle (Cf. lien en fin de bulletin).
Chenilles phytophages
Observation : Observation de la présence des chenilles sur quelques
fruits d'une parcelle dans le grand Bastia.
Évaluation du risque : Modéré.
Gestion du risque : Des méthodes prophylactiques peuvent être mises en place :
Les mirides participent au contrôle de ces chenilles en consommant leurs œufs ;
Surveiller les premiers vols grâce à un système de piégeage avec phéromones ;
Eliminer mécaniquement les fruits et les débris végétaux.
Consulter également le lien vers la liste des produits de biocontrôle mis en fin de bulletin.
Le stade de nos parcelles de référence varie en fonction de la date de plantation et de la variété observée, mais globalement, nous sommes au stade fructification à récolte.
Observation : Attaque de cétoines sur la quasi-totalité d'une parcelle de fraise à Sartène.
Évaluation du risque : Elevé mais ponctuel.
Gestion du risque : Il n'existe actuellement aucune méthode de lutte spécifique qui permette de contrôler les cétoines. Par ailleurs les cétoines ont aussi un rôle utile : les adultes consomment et dégradent aussi les fruits trop mûrs et les larves décomposent dans le sol la matière organique morte. Les adultes même s'ils abiment les fleurs participent aussi à la pollinisation des fleurs.
Observation : Akènes des fraises mangés sur 60% d'une parcelle à Sagone.
Évaluation du risque : Elevé.
Gestion du risque : Il n'existe actuellement aucune méthode de lutte spécifique qui permette de contrôler ces insectes carabiques. Cet insecte granivore, peut-être toutefois intéressant, dans la lutte contre les adventices.
Nécrose apicale : 15% des plants touchés sur une parcelle de Ajaccio.
Punaises : 70% des plants touchés sur une parcelle à Sartène provoquant un arrêt de croissance des plants.
Acariens : 15% d'attaque sur une parcelle dans le grand Bastia.
| Samedi 16 Dimanche Lundi 18 juillet 17 juillet juillet | Mardi 19 Mercredi 20 Jeudi 21 Vendredi juillet juillet juillet 22 juillet | |
| Haute Corse/ | ||
| Corse du Sud | Temps largement ensoleillé | Temps sec et ensoleillé avec une hausse prévue des températures jusqu’à 36°C en journée |
PROTECTION DES INSECTES POLLINISATEURS : Les abeilles butinent, protégeons-les ! La note nationale Abeilles et Pollinisateurs reprend les précautions à adopter pour protéger ces insectes indispensables à la pollinisation : Attention, la mention " abeille " sur un insecticide ou acaricide ne signifie pas que le produit est inoffensif pour les abeilles. https://corse.chambres-agriculture.fr/agro-ecologie/ecophyto/bulletins-de-sante-du-vegetal-corses/
PRODUITS DE BIOCONTROLE : ces produits phytopharmaceutiques sont des agents et des produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ils comprennent en particulier :
Les macro-organismes ;
Et les produits phytopharmaceutiques qui sont composés de micro-organismes, de médiateurs chimiques tels que les phéromones et les kairomones, ou de substances naturelles d'origine végétale, animale ou minérale. Leur spécificité est liée à leur caractère naturel ou leur mode d'action reposant sur des mécanismes naturels. Ils constituent des outils de prédilection pour la protection intégrée des cultures. Cette liste est périodiquement mise à jour. https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2022-402
Ce bulletin est produit à partir d'observations ponctuelles. S'il donne une tendance de la situation sanitaire régionale, celle-ci ne peut être transposée telle quelle à la parcelle. La chambre d'Agriculture de Corse dégage toute responsabilité quant aux décisions prises par l'exploitant et les invite à prendre toutes les décisions pour la protection de leurs cultures sur la base d'observations qu'ils auront réalisés sur leurs parcelles et/ou en s'appuyant sur les préconisations issues de bulletins techniques ou de conseils obtenus auprès des techniciens.